"Vivre
et mourir d'amour…"Nicolas
d'Onofrio
étudiant
camillien
Les
premières années
Nicolas
D'Onofrio est né à Villamagna, dans le diocèse de
Chieti (Abrusses) le 24 mars 1943; il a été baptisé
dans l'église paroissiale de Ste Marie Majeure le 27 mars suivant,
et y reçut le prénom de Nicolas. Son père s'appelait
Giovanni. C'était un homme moralement intègre; travaillant
dur dans la campagne, il était plein de cette sagesse populaire
et paysanne qui caractérise les vieilles familles des Abruzzes.
Religieux aussi et pieux, comme le sont
habituellement
les hommes de cette région d'Italie. La maman, Virginia Ferrara,
était une femme forte et délicate, qu'il avait choisie pour
sa piété et son esprit chrétien. Elle sut transmettre
à son fils le culte du caractère religieux de la vie, la
délicatesse et une remarquable gentillesse et sérénité
d'esprit.
Il
fut confirmé le 17 octobre 1953. Trois ans auparavant, le 8 juin
1950, il avait fait sa première communion à l'occasion de
la Fête-Dieu. Il a suivi les cours de l'école élémentaire
de Villamagna au hameau de Madonna del Carmine, se faisant remarquer par
son application, sa bonté et sa disponibilité aux autres,
ainsi que l'attestent sa maîtresse et ses compagnons d'âge.
Il ne négligea jamais le service à l'autel, dans l'église
paroissiale, où il se rendait même en plein hiver, bien que
la maison familiale se trouvât à plusieurs kilomètres,
à la limite de la commune voisine de Bucchianico, village natal
de saint Camille de Lellis.
AU
SEMINAIRE A ROME
Un
prêtre de l'Ordre de saint Camille, le père Santino, son concitoyen,
lui proposa d'entrer au séminaire camillien de Rome. D'Onofrio accueillit
la proposition avec joie et fit immédiatement part de sa décision
à ses parents. Ceux-ci s'y opposèrent. La maman, parce qu'elle
le voulait au séminare diocésain de Chieti, la ville toute
proche. Le papa, parce qu'il envisageait mal de perdre de bons bras prometteurs
pour les travaux des champs: Nicolas était l'ainé des deux
garçons, (un second garçon, Thomas, était né
par la suite au foyer de Giovanni et de Virginia) et rendait déjà
de bons services à la maison et aux champs, selon les possibilités
de son âge. En outre, deux tantes célibataires, des sœurs
du papa, qui vivaient avec la famille, lui promettaient de faire de lui
leur unique héritier s'il restait. Toute la vie de Nicolino fut
d'une sincérité vraie.
L'opposition
de la famille dura un an. Un temps que Nicolino vécut dans la prière
et dans l'étude; il obtint finalement l'autorisation d'entrer au
séminaires des Camilliens à Rome. Il y arriva le 3 octobre
1955, en la fête de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus
qui deviendra ensuite son guide spirituel. Dans ce séminaire bien
rempli, comme l'étaient à cette époque ces centres
de sélection pour le sacerdoce, le jeune Nicolas ne se déroba
point aux obervations de ceux qui devaient repérer les signes d'une
vocation sûre. On remarqua immédiatement le sérieux
de son désir de travailler sur tout lui-même en se confiant
totalement à ses supérieurs dans la direction de son esprit.
Deux ans après, il apprit que son père voulait le reprendre
et le ramener à la maison. Il écrivit alors une lettre trés
forte dans laquelle il l'informait de sa volonté bien arrêtée
de continuer vers le sacerdoce dans l'Ordre camillien à n'importe
quel prix. Beaucoup de raisons l'avaient poussé à sa décision,
entre autres cette déclaration de saint Jean Bosco: "La plus
belle bénédiction pour une famille est d'avoir un fils prêtre"1.
NOVICE
Le
6 octobre 1960, il reçut l'habit des religieux de saint Camille,
commençant ainsi son année de noviciat. A la fin de la retraite
préparatoire à cette étape importante de sa vie, il
écrivait: "Seigneur Jésus, si je devais un jour rejeter
le saint habit comme tant d'autres, fais que je meure avant de le recevoir
pour la première fois; je n'ai pas peur de mourir maintenant, je
suis dans ta grâce. Quelle belle chose de pouvoir venir te voir avec
Marie, ta mère qui est aussi la mienne"2.
Durant
toute l'année du noviciat, il nota sur son "Journal"
ses résolutions et ses petites conquêtes, ses moments de lutte
et ses aridités. Cet écrit révèle sa volonté
bien arrêtée de poursuivre sa route sur le chemin de l'appel
divin, en se confiant à l'aide du Ciel, le tout se résumant
dans cette expression: "Le démon est vaincu si l'on se tient
près de Jésus et de Marie par les sacrements et par la prière"3.
Dès cette époque, il vivait déjà intensément
le charisme camillien. Il se distingua de manière particulière
à l'occasion de l'assistance apportée à un confrère
âgé, le père Del Greco, atteint d'une grave tumeur
à la face. On peut au moins rappeler ce qu'il disait à ce
même père à l'occasion de vendredi-saint: "Père,
unissez vos souffrances à celles de Jésus agonisant: aujourd'hui,
nous sommes le vendredi-saint, belle journée pour vous qui souffrez
avec Jésus"4.
LES
PREMIERS VŒUX
Au
matin du 7 octobre 1961, en la fête de Notre-Dame du Saint Rosaire,
il prononça pour trois ans les vœux de pauvreté, de chasteté,
d'obéissance et de service envers les malades, même contagieux,
après une sérieuse année de préparation que
les membres du chapitre jugèrent excellente. Ce même jour,
débuta son temps de formation comme religieux profès camillien.
Serein et heureux, disponible à tous, fidèle à l'observation
de la vie commune, assidu dans la prière et appliqué aux
études, humble dans la simplicité, sans afficher des attitudes
extérieures singulières ou théâtrales.
Ses
supérieurs immédiats (le père Andrea C. provincial,
et le père Renato D, maître des clercs) sont ses guides et
les témoins de ses progrès, lents mais constants, vers le
sommet de la Sainte Montagne de Dieu. Il nourrissait un ardent amour pour
Jésus Eucharistie, qu'il recevait quotidiennement et visitait souvent
au cours de la journée dans l'église du séminaire
ou de l'Université Grégorienne. Il s'était inscrit
dans la "Garde d'Honneur au Sacré-Cœur de Jésus",
choisissant de faire son heure de réparation entre 8 et 9 h5.
Une dévotion tendre et filiale envers la Vierge Marie, sans jamais
tomber dans un sentimentalisme banal et superficiel. Une grande dévotion
envers sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, dont il adopta
pour lui-même la spiritualité de la petite voie.
DANS
LE CHARISME DE SAINT CAMILLE
Il
nourrissait un amour profond envers son père et fondateur saint
Camille, dont il étudiait à fond l'esprit: il rêvait
à des journées intenses de travail au service des malades,
lorsqu'il serait devenu prêtre. Il n'avait pas peur de témoigner
devant tous de son ardeur pour la vocation camillienne. Ardent à
l'étude, il s'appliquait sérieusement à ses études,
plein de considération et d'affection pour ses maîtres. Il
était docile et attentif, impatient d'acquérir les connaissances
qui lui étaient proposées, estimant qu'elles étaient
nécessaires pour remplir dignement son ministère sacerdotal
au service des frères souffrants.
Pendant
le court espace de temps qu'il a vécu comme étudiant camillien,
il a fait preuve d'un grand amour et d'un grand attachement à sa
famille religieuse: il se disait heureux de rester dans la maison religieuse
et ne s'accordait pas facilement des sorties: il consacrait son cœur, ses
moyens et son temps aux diverses urgences et nécessités de
la communauté religieuse.
LA
MALADIE
Vers
la fin de 1962, il commença à ressentir les premiers symptômes
de la maladie qui allait l'emporter à l'âge de 21 ans. Dès
les premiers instants, il se soumit avec obéissance aux décisions
des supérieurs et des médecins. Le 30 juillet 1963, il fut
opéré dans le service d'urologie de l'hôpital Saint
Camille de Rome6.
L'examen histologique de la partie prélevée donna la réponse
non équivoque: issue fatale à brève échéance:
tumeur maligne7.
La
convalescence dans la maison des aumôniers de ce même hôpital
l'a fait apparaître comme un malade patient et toujours souriant,
attentif à ne pas déranger les confrères, toujours
attentifs à sa personne. Par la suite, il fut hospitalisé
le 19 août à la Polyclinique Umberto I de la capitale pour
la cobalto-thérapie dans la région subthoracique, avec le
secret espoir du médecin traitant, le docteur Mario, d'enrayer le
mal. A partir du 24 du même mois, il continua à suivre cette
thérapie en externe, dans ce même hôpital.
Son
comportement à cette période est d'un grand exemple pour
tous en raison de la patience qu'il manifeste à supporter les douleurs
et de la disponibilité qu'il témoigne à faire la volonté
de Dieu. Quelqu'elle soit. Il savait ou pour le moins il suspectait dès
cet été qu'il était atteint d'un mal d'une certaine
gravité: nous pouvons le déduire d'une note que nous avons
trouvée dans ses papiers, où il écrivait: "Fin juin:
en 2-3 jours, cela prend des proportions démesurées. Traitement
à la pénicilline et à la streptomycine, avec vitamines
B et C", et plus loin, après d'autres hospitalisations et interventions
chirugicales dans deux hôpitaux romains, il écrit: "12/8.
Début des séances de rayons gamma et autres (200 par jour)…
20/8 séance de rayons, 2 clichés des poumons, analyse de
sang… 23/8 rayons. 22 clichés de l'appareil digestif.
A
la reprise de l'année scolastique, à l'automne, les supérieurs
l'inscrivirent pour une année de philosophie à l'Université
pontificale grégorienne, bien qu'il fût déjà
profondément touché par le cancer8.
Là aussi on nota (chez les professeurs et chez les étudiants)
son applicationn, sa sérénité et sa bonté d'âme.
Aux
premiers jours de 1964, on fit une nouvelle radiographie du thorax. Le
poumon droit parut atteint en grande partie par le mal9.
Nicolas se rendit définitivement compte de son véritable
état de santé, bien que personne ne lui eût encore
jamais parlé de la gravité de son état; tous cherchaient
plutôt à cacher la situation désormais sans espoir.
On le suppose en raison d'une conversation qu'il eut avec le frère
Tommaso, dans laquelle il évoquait la certitude de son prochain
départ de ce monde, disant seulement son inquiétude en raison
de la peine que cela ferait à sa maman10.
A
la fin du mois de mars, il demanda un entretien à son supérieur
provincial pour que celui-ci lui dise franchement quel était son
véritable état de santé. Mis au pied du mur, celui-ci
ne put cacher la vérité, même s'il l'accompagna de
motifs de grande espérance et surtout d'une invitation à
la confiance en la bonté et la puissance de Dieu qui peut tout faire,
même un grand miracle comme celui dont il avait besoin.
Connaissant
donc la réalité, il ne sombra pas dans le désespoir,
mais après un moment d'intense réflexion qu'il passa entièrement
devant Jésus Eucharistie dans l'église du sémimaire,
il reprit son sourire habituel et pria davantage en consacrant de longs
moments à la méditation. A l'occasion de conversations avec
ses amis sur la réalité d'une mort imminente, il n'évitait
pas la question, ne la dramatisait pas, mais il l'abordait avec sérénité
et détachement. Ceux qui ont été proches de lui se
rappellent qu'ils avaient eu le sentiment de rencontrer une créature
qui vivait déjà dans les réalités d'un au-delà
présent dans son existence qui allait trop précocement vers
son déclin.
Ils
se rappellent aussi fort bien que ses entretiens sur l'autre vie étaient
calmes et sereins, sans excès ni fanatisme et qu'un grand esprit
de foi éclairait son existence qu'il continuait à mener normalement,
participant à la vie commune du séminaire camillien. Dans
le secret espoir d'obtenir un grand miracle, les supérieurs l'envoyèrent
en pélerinage à Lourdes et à Lisieux. D'Onofrio y
alla par obéissance, surtout dans l'intention de demander l'aide
de la Vierge Immaculée et de sa grande petite sainte Thérèse,
pour pouvoir faire la volonté de Dieu jusqu'en ses extrêmes
conséquences, uni sereinement à la Croix du Christ. C'était
le 1er mai: 33 jours avant sa rencontre avec Dieu pour l'éternité.
Tout
à Dieu
Par
dispense "super triennium", le pape Paul VI, de vénérée
mémoire, lui accorda la faveur de faire ses vœux perpétuels.
Au jour de la Fête Dieu, le 28 mai, il se consacra à Dieu
pour toujours dans l'église du séminaire camillien à
Rome: dernier acte d'amour d'une vie brève mais vécue intensément
"dans la prière et dans l'amour". Au matin du 5 juin, fête
du Sacré-Coeur de Jésus, il accepta en pleine conscience
de recevoir l'onction des malades que lui proposait le supérieur
provincial. Moment d'intense émotion pour de nombreux confrères,
à la fin de la messe célébrée dans la chambre
qui l'hébergeait depuis quelques mois au rez-de-chaussée,
pour faciliter ses déplacements que désormais il ne pouvait
plus faire qu'en fauteuil roulant, et pour permettre la visite de la maman
et des nombreux amis.
Les
derniers jours de sa vie terrestre sont désormais une terrible et
dramatique souffrance continue. Le cancer progresse et envahit totalement
les poumons; à d'atroces douleurs s'ajoutent des moments d'étouffement.
Nicolino vit ces souffrances avec héroïsme, en union avec la
Croix du Christ; il invoque l'aide de Marie, de saint Camille, de sainte
Thérèse de l'Enfant Jésus, toujours serein, sans jamais
sombrer dans le désespoir, veillant à ne pas causer d'ennui
à ceux qui l'assistent et s'efforçant de cacher le plus possible
les inévitables réactions causées par la souffrance,
afin d'éviter de la peine à sa maman qui est auprès
de lui. Même pour ceux qui le connaissent depuis son enfance, cette
extraordinaire confiance en la Volonté de Dieu provoque admiration
et respect.
UNE
FLEUR DANS LE CŒUR DE DIEU
Le
12 juin fut le dernier jour terrestre pour Nicolino. Une longue agonie
qui commença à 16 h. pour s'achever à 21 h. 15, après
une journée passée dans la prière et dans l'affirmation
d'une foi profonde et d'un ardent amour pour Jésus et Marie, avec
l'aide de ses deux saints préférés, et le réconfort
de la prière émue des confrères et amis. Son supérieur
évoque aujourd'hui encore ses derniers instants de la manière
suivante: "Il commençait les prières auxquelles tous les
jeunes confrères, réunis autour de lui dans sa chambre, répondaient
avec une grande ferveur. Il nous y invitait de temps en temps en disant:
encore, encore… plus fort!", et, de temps en temps, il y ajoutait aussi
ses invocations particulières qui révélaient sa foi
vive en la présence de quelque chose d'ultra-sensible dont il se
sentait proche"11.
Cette
rencontre avec le surnaturel fut remarqué aussi par les autres qui
assistèrent au décès. Les portes du Ciel s'ouvrirent
alors que, lucide jusqu'à la fin, il répétait continuellement
l'acte d'offrande de sa vie et de ses souffrances, refusant les analgésiques;
il invitait les personnes présentes à prier avec lui et pour
lui. Une fin de vie cohérente avec ce qu'il s'était proposé
de vivre: On avait l'impression que s'achevait une Passion: cela ressort
des paroles simples d'une femme du peuple, amie de toujours de la famille:
"Le docteur qui a constaté son décès a ouvert la porte
et appelé la maman: Madame: voici votre fils! comme si c'était
Marie à laquelle on remettait son fils crucifié"12.
Un
confrère, lié à Nicolino par une profonde amitié,
écrivait quelques jours après la mort. "Maintenant il ne
reste parmi nous ici-bas qu'une tige coupée, sa tige. La fleur est
là-haut, plongée dans le cœur de Dieu. C'est pourquoi, lorsque
je pense à Nicolino ou que je parle de lui, je me surprends à
regarder vers en-haut, rêveur, incliné. Mon héros!
J'avais entrevu, rêvé l'idéal de la sainteté,
je ne l'avais jamais atteint, parce que pour toucher quelque chose il faut
en être proche, et pour que l'admiration soit sans voile, il faut
pouvoir imiter le héros qui l'inspire. J'ai touché mon héros
et puis… il a paru me fuir. Maiscomme
la petite Thérèse avec Céline, je crois qu'il cheminera
toujours auprès de celui qui a su le découvrir. Je l'ai aimé,
il est mort dans mes bras, il m'a adressé son dernier regard et
m'a fait au revoir de la main. Je l'ai aimé, désormais c'est
mon grand petit saint avec notre petite Thérèse (la sienne
et la mienne)"13.
DANS
L'ATTENTE DE LA RESURRECTION
Une
grande foule de confrères, d'amis et de connaissances se retrouva
pour les funérailles. La demande suppliante et déchirante
de la maman amena les supérieurs à permettre l'inhumation
des restes mortels de Nicola D'Onofrio à Villamagna, sa terre natale,
dans la tombe familiale. Le dernier voyage de retour au pays se fit le
15 juin, en compagnie des supérieurs et des confrères
Après
une célébration eucharistique solennelle à laquelle
prit part toute la population, il fut enterré dans la chapelle Ferrara,
la famille de la maman. Depuis le 8 octobre 1979, Nicola D'Onofrio repose
dans l' annexe de la crypte du sanctuaire Saint Camille de Bucchianico,
en vue de sa maison natale: il a rejoint sa famille religieuse, dans l'attente
de la résurrection au dernier jour, lorsque reviendra le Christ,
vainqueur de la mort.
…ET
IL VIENT DE LOIN!
L'engagement
de ceux qui l'ont connu intimement ou qui eurent seulement l'occasion de
le rencontrer dans la phase connue par tous de sa fin rapide, vécue
sereinement et avec le sourire sur les lèvres, est le signe qu'il
eut un comportement exceptionnel. Mais cela ne fut ni improvisé,
ni superficiel. Sa montée vers la montagne du Seigneur vient de
beaucoup plus loin.
Les
pages de ses écrits originaux nous montrent qu'il a entamé
ce chemin dès les premiers moments de sa vie au séminaire
camillien. La fin de sa vie et sa mort sont seulement la phase révélatreice
de sa dimension spirituelle.
L'HERITAGE
SPIRITUEL
Devant
cet extraordinaire flot d'émotion affective et religieuse qui a
accompagné sa fin, rendue encore plus dramatique par les terribles
souffrances provoquées par le mal, il faut préciser "que,
dans la souffrance on devient un homme complètement nouveau… Alors
que ce corps est profondément malade, totalement inapte et que l'homme
est pour ainsi dire incapable de vivre et d'agir, la maturité
intérieure et la grandeur spirituelle
deviennent d'autant plus manifestes et sont une leçon émouvante
pour les hommes en bonne santé et normaux"14.
A
part quelques cas isolés d'incompréhension, tous remarquèrent
que Dieu avait suscité dans cette âme des réponses
extraordinaires, et que la montée vers la Sainte Montagne
avait été rapide. Une religieuse de son âge, amie d'enfance
a écrit qu'à l'annonce du décès, elle avait
entendu résonner dans son cœur ces paroles du livre de la Sagesse:
"Devenu parfait en peu de temps, il a fourni une longue carrière.
Son âme était agréable à Dieu; aussi est-il
sorti en hâte du milieu de la perversité" (4, 13.14).
Une
telle fin de vie ne s'improvise pas. Elle vient de loin et le moment de
la mort n'est que l'occasion où se révèle le travail
intérieur réalisé. Nicola l'a préparée
en la fondant sur la croix et la passion du Seigneur Jésus,
avec un regard toujours tourné vers la gloire de la résurrection.
Ses écrits et ceux qui l'ont fréquenté en sont les
témoins15.
DANS
SES ECRITS
La
clé de lecture de son cheminement se découvre presqu'immédiatement
au début de sa nouvelle vie au petit séminaire; Ayant écouté
une méditation sur l'amour de Dieu Père pour l'homme, au
cours de la retraite annuelle, il écrit: "Nous pourrions dire qu'il
ne s'est nullement préoccupé de son Fils unique, mais de
nous sauver. Jésus est mort pour nous et son sang, jusqu'à
la dernière goutte, a lavé nos âmes. Combien Jésus
a voulu notre bien!"16.
Quelques
mois plus tard, à la fin d'une récollection mensuelle, il
soulignait ainsi la méditation proposée: "Jésus est
venu sur terre pour donner gloire au Père qui l'avait envoyé,
et pour venir ici-bas, "exinanivit se", il s'est anéanti. L'Incarnation,
la Crucifixion, l'Eucharistie sont des actes d'anéantissement par
amour pour nous et pour la gloire du Père. Par sa venue sur terre,
Jésus nous a donné l'exemple de l'anéantissement;
il nous appartient maintenant de le suivre pour donner à son très
saint Cœur ce qui lui est dû pour répondre à son amour"17.
Son modèle: le Christ crucifié
Le
Christ crucifié entre dans sa vie et devient son "livre de chevet".
La vie religieuse, commencée avec le noviciat au cours des vêpres
du 6 octobre, est un bon terrain d'entraînement pour l'esprit qui
l'amène à la conviction que le contrôle des facultés
humaines et donc la volonté,
est essentiel à l'ascèse. Pendant toute une année,
les messages que lui sles guides spirituels le trouvent bien disposé
à la veille de la consécration à Dieu par les premiers
vœux religieux
C'est
ainsi qu'il écrit au premier jour de la retraite: "La volonté
doit être tenace, totale, héroïque dans l'ascèse.
Une volonté qui ne change pas de direction selon les caprices du
vent mais qui reste fidèle aux principes du Christ crucifié.
Qui ne se perd pas dans toutes les vanités de la terre mais montre
toujours de la vivacité et de la force pour soutenir et faire avancer
notre marche vers Dieu. Notre ascèse demande aussi une volonté
héroïque parce que le but est difficile à atteindre.
Visons à imiter le Christ crucifié qui ne nous présente
que la Croix à embrasser tous les jours. Heroïque aussi, parce
que notre ascèse n'est pas périodique, mais elle est permanente
et absorbante, une ascèse qui devrait nous consumer entièrement,
Mais pour pouvoir y arriver, la confession et la direction spirituelle
sont indispensables"18.
Et
voici la réflexion qui suit immédiatement ce texte: "Les
fêtes de Pâques sont terminées. Que d'impresions! Pour
moi, j'ai eu la joie inestimable d'avoir pu suivre et aussi de participer
de plus près aux offices de la semaine sainte. Mais je garde un
souvenir particulier des événements que j'ai vécu
en ces jours-là. J'ai été heureux de pouvoir assister
le très cher père Del Greco dans la nuit du mercredi au jeudi
saint; Cette nuit-là, on a fait l'adoration de onze heures à
minuit, dans notre maison. Moi, je l'ai faite près de Jésus
souffrant dans la personne du père. (Je l'a faite précisément
dans cette intention). Il semble qu'il aille mieux, maintenant, espérons!"20.
Ce
prêtre camillien qu'il assistait avait été opéré
d'un cancer de la gorge; Il compléta plus tard ce que D'Onofrio
n'avait pas signalé dans ses "Appunti spirituali":
"J'était presque mourant et le clerc D'Onofrio m'assistait et me
réconfortait en me disant: 'Père, unissez vos souffrances
à celles de Jésus agonisant. C'est aujourd'hui vendredi saint,
belle journés pour vous qui souffrez avec Jésus!' Je n'ai
jamais oublié ces paroles que notre clerc m'a suggérées
avec tant d'amabilité et de foi"20.
Et
par sa Mère Marie Immaculée
A
côté de Jésus en croix, Nicolino a nourri un rapport
filial affectueux et très particulier envers sa Mère, Marie
Immaculée. Dans ses écrits et sur son lit de mort, il a des
expressions tendres et douces qu'il faut lire dans la dimension d'un rapport
intime et secret de l'âme qui demande du respect et beaucoup de considération.
Comme cela se fait en étudiant les rapports semblables chez les
saints que l'Eglise nous a proposés comme modèles.
Nous
en reproduisons un passage: "Je suis fatigué, je dirais même
presque découragé… La vie du noviciat me pèse… Pourquoi?
C'est l'ennemi mortel des âmes qui me tourmente, c'est le Seigneur
qui me purifie. Quand s'achèvera le séjour sur cette terre
d'exil?… 'Ah! Dure terre'… Je veux mourir rapidement, s'il plaît
à Dieu, pour me jeter dans les bras de ma maman. Je veux aller me
reposer au paradis. Oui… Ma douce maman… Voici que la paix revient peu
à peu dans mon âme et je puis voir plus loin… Voici la volonté
de Dieu. 'Tota vita Christi crux fuit et martyrium…' et moi, qu'est-ce
que je veux? Jouer au seigneur. Non, non, non. Mais tout à vous
Jésus, Marie!"21.
Sur la "petite voie" de sainte
Thérèse
Un
des modèles intermédiaires qui ont guidé son cheminement
vers le Seigneur fut saint Thérèse de l'Enfant Jésus
et de la Sainte Face, Sa "petite voie" devint le code de conduite de sa
vie. Dans une lettre à sa maman, préoccupée sans doute
de je ne sais quelles pénitences qu'imposerait la vie religieuse,
Nicolino lui écrivait pour la tranquilliser au sujet de la normalité
et simplicité des actes journaliers: "Tout se fait pour le Seigneur,
par amour pour lui. Il n'y a rien d'extraodrinaire à faire, comme
des pénitences exceptionnelles, dormir par terre… Sainte Thérèse
de l'Enfant Jésus, une religieuse carmélite française,
n'a rien fait de spécial durant sa vie, elle n'a rien fait de particulier,
elle a seulement fait ce qu'elle devait faire; elle est morte de la tuberculose
à 24 ans et est devenue une sainte…"22.
Nous
avons une "prière", écrite de sa main, qui doit provenir
d'une âme mystique. Nous ne sommes pas certains qu'elle soit de la
sainte de Lisieux. Nous en reproduisons un court passage parce qu'elle
éclaire largement notre thèse"…"Donnez-moi le supplice, donnez-moi
le martyre d'amour mais toujours celui qui vous plaît le plus à
vous, pour que je vous possède toujours à la folie… Je reste
remplie de l'amour du Christ crucifié. Que s'éloigne de moi
toute autre joie, tout goût qui ne soit pas celui de mon Epoux crucifié
que j'aime. Je veux posséder éperdument pour moi ton Cœur
transpercé, y être comme incarnée dans une seule réalité.
Renoncer totalement à moi-même pour que je sois totalement
à toi, mon amour. Toujours renoncer à moi, même de
la manière la plus pénible; non plus moi, mais toi, mon amour
crucifé"23.
Au
bas de la prière, Nicolino a ajouté: "Prière que je
dirai au moins trois fois par jour, en principe la matin, à midi
et le soir avant de me coucher".
Il
s'était procuré tout ce qui avait été édité
sur sainte Thérèse, demandant directement au monastère
de Lisieux les dernières publications. Il avait une bonne connaissance
de la langue française et il s'appliqua à traduire ses poésies.
En complément de ce qu'il nous a été donné
de raconter brièvement, nous citons deux strophes de "Vivere
per amore" qui nous révèlent
son désir de se conformer à l'image de son Christ crucifié
bien aimé:
"Vivre
d'amour, ici- bas, cela ne signifie
pas / planter des tentes sur le sommet du Mont Thabor. / Cela signifie
monter avec Jésus au Calvaire. / Cela signifie considérer
la croix comme un trésor! / Au ciel je vivrai dans la joie. / L'épreuve
aura alors disparu pour toujours, / mais ici-bas, je veux,dans la souffrance,
/ vivre d'amour| -- …Mourir d'amour, c'est un martyre trop doux, / et c'est
celui que je voudrais endurer. / Chérubins! Préparez vos
lyres, / parce que, je le sens, mon exil va s'achever…/ flèche ardente,
enflamme-moi sans répit, / déchire mon cœur en ce triste
séjour. / Divin Jésus, réalise mon rêve: mourir
d'amour!…"24.
Voilà
le secret de la grande émotion, de l'estime et de l'enthousiame
qu'a suscité la dernère année dramatique de sa vie
et de son entrrée au Ciel. On remarquait amplement la dimension
spirituelle dans laquelle il était plongé et que le passage
suivant de la dernière lettre écrite à ses parents
résume fidèlement: "Je suis très content de pouvoir
souffrir un peu maintenant que je suis jeune, parce que ce sont les plus
belles années au cours desquelles on puisse offrir (quelque chose)
au Seigneur. La petite sainte Thérèse est la sainte qui me
plaît le plus parce qu'elle me ressemble beaucoup. Elle aussi est
tombée malade alors qu'elle avait un peu plus de vingt ans; elle
a beaucoup souffert et est morte à vingt-quatre ans… Très
chers parents, vous aussi, priez pour que le Seigneur me redonne des forces;
je pourrai ainsi devenir prêtre et travailler encore beaucoup pour
les âmes. Mais si le Bon Dieu voulait autre chose de moi et de vous,
que le Seigneur soit béni parce que lui sait ce qu'il fait et ce
qui est le meilleur pour moi. C'est inutile, nous ne pouvons pas savoir
ces choses et Dieu seul les connaît…"25.
Parmi
les souvenirs de quelques TEMOINS
Celui
qui a su lire les signes donnés par son comportement devant l'épreuve
suprême de la vie en a recueilli le message. Les manifestations d'estime
apportées au moment de sa mort, qui se sont concrétisées
dans un extraordinaire courant d'émotion affective et religieuse,
dépassèrent le cadre de la communauté camillienne
et le temps.
Nous
présentons la confirmation de ce que Nicolino nous a laissé
par écrit non pas avec nos mots à nous, mais dans une courte
sélection de ce que les témoins ont écrit à
l'intention de la postulation générale de l'Ordre camillien.
… Soldat de l'Immaculée
Voici
comment la revue de la Milice de l'Immaculée
l'a présenté à ses lecteurs. "Il avait atteint le
troisième échelon de la M.I.: celui de l'offrande sans limite;
se donner entièrement à Marie, accueillir avec foi et générosité
toutes les souffrances pour se conformer au mystère de la passion
et de la mort du Christ jusqu'au martyre. Consumé par la souffrance,
Nicolino s'est offert comme victime pour tant de frères qui avaient
besoin d'espérance et de salut. Même si les circonstances
et la manière sont différentes, son offrande peut être
comparée à celle du père Kolbe qui a trouvé
dans Marie Immaculée la force et l'amour pour se donner tout entier
non seulement pour un père de famille, mais pour toute l'humanité.
La mort de ce clerc camillien et le martyre du père Kolbe trouvent
leur explication et leur message dans la parole éternelle de l'évangile…
Nicolino, si jeune, mais si sage, avait très bien compris ce qu'exprimait
le père Kolbe dans un de ses écrits: "On ne vit qu'une fois,
et pas deux. Il faut devenir saint, non pas à moitié, mais
entièrement, pour la plus grande gloire de l'Immaculée, et
à travers l'Immaculée, pour la plus grande gloire de Dieu…"26.
Souffrance rédemptrice
"Il
voyait en tout le plan de Dieu, il orientait vers lui toutes ses actions
et il acceptait avec joie les peines et les souffrances. Il me disait.
'La souffrance est la meilleure monnaie avec la quelle nous puissions acheter
le Ciel'. Sa mort fut paisible, j'ai eu la grâce d'être présent".
"Au
fil des mois, son mal se manifesta avec toujours plus de cruauté
et Nicolino souffrait manifestement, mais avec beaucoup de dignité.
Il priait beaucoup pour les pécheurs et il considérait la
passion de Jésus et les souffrances de sainte Thérèse
comme des modèles à imiter comme à la lettre… Dans
sa maladie, il sut, comme Jésus, affronter les étapes d'un
long calvaire, en allant joyeusement vers le Père dans le Royaume
promis aux bons et fidèles serviteurs"
"Cette
nuit-là, j'assistais D'Onofrio, et au matin, ses cris haletant me
réveillèrent. Je me précipitai dans sa chambre; appuyé
sur les coudes pour autant que ses forces le lui permettaient, il demandait
à haute voix au Seigneur de guérir: "je serai prêtre…
je sauverai beaucoup d'âmes… Seigneur, je t'en prie, guéris-moi…
Que Marie intercède pour moi… Saint Camille, mon père, aide-moi…
prions ensemble car je dois obtenir ce miracle… Je dois guérir!"…"
Je l'ai relevé et aidé, jusqu'à ce que finalement
il s'apaise, épuisé. Puis, sur un ton plus calme, et plein
de résignation et d'abandon, il dit : "Bon… mais si ce n'est pas
possible… qu'il en soit comme tu veux, mon Dieu!". C'est le sens de ses
paroles, même si je ne me rappelle plus de leur forme littérale.
Je fus impressionné par cette remise entre les mains de Dieu, par
cette dernière acceptation et je n'ai pas pu m'empêcher de
la comparer à l'attitude du Christ sur la croix, lorsqu'il implore
le Père et finit par une merveilleuse soumission à la volonté
du Père."
"Presque
immédiatement les autorités médicales compétentes
décidèrent une intervention chirurgicale. Tranquille et obéissant,
comme toujours, il accepta dans un esprit d'union étroite avec le
Christ souffrant, à l'exemple de sainte Thérèse atteinte
par le mal qui devait l'emporter; il accepta de subir cette opération
délicate… Mais il accepta tout sans réagir, en se laissant
attacher avec docilité et clouer progressivement sur la croix… Il
passa la période des fêtes de Pâques dans un recueillement
intense, méditant la passion du Seigneur, et s'efforçant
le plus possible de s'y unir. Il n'avait plus de doute sur son mal, il
le sentait tous les jours se répandre plus intensément dans
ses membres. Il ressentait déjà beaucoup plus la fatigue
même dans les petites choses, parce qu'il respirait avec toujours
plus de difficulté. Il maigrissait de jour en jour, parce qu'on
ne trouvait plus de moyens ni de solutions pour le soutenir et stimuler
un peu son appétit".
"Mais
il plut à Jésus, Prêtre Eternel, d'abréger le
temps de l'attente, en l'emmenant rapidement sur le sommet du Calvaire
où notre Nicolino, se faisant victime pour tous, s'offrit héroïquement
en victime d'amour, à l'exemple de sainte Thérèse
de l'Enfant Jésus qui voulut l'accueillir à Lisieux, en France,
avant qu'il ne passe de la terre au royaume des élus en franchissant
la porte étroite indiquée par l'évangile pour le petit
nombre d'élus".
"Je
l'ai revu sur son lit de mort. Son visage m'a impressionné: visage
décharné, grave, privé de toute trace de lumière.
Son passage avait été vraiment un martyre. Son heure d'immersion
dans les ténèbres. Nicolino avait goûté l'amertume
du calice de Jésus. Il portait sur son visage l'empreinte des crispations
devant cette amertume. J'ai alors pensé à l'apparence du
serviteur souffrant d'Isaïe: "Sans beauté ni éclat pour
attirer nos regards et sans apparence qui nous eût séduits
(Is 53, 2); comme Jésus, Nicolino "a été retranché
de la terre des vivants" (Is 53, 8)
Et
nous terminons avec ce que rapportait une amie de la maman, résidant
à Rome depuis un certain nombre d'années, elle avait suivi
et assisté le jeune étudiant camillien dans tout son parcours
de souffrance. Ame simple, voici comment elle revivait ces moments à
plusieurs années de distance: "Il me semblait voir Jésus
Christ sur la croix, serein et confiant, la prière dans la bouche,
appelant la Madone "maman".
Puis Nicolino a incliné la tête sur la gauche, la langue a
légèrement
bougé, et sans faire d'autres mouvements, il est mort dans la sérénité.
Le médecin a fait le constat de décès puis il a ouvert
la porte et a appelé la maman: "Madame, voilà votre fils",
comme si c'était Marie à qui on remettait son fils crucifié.
La maman s'est jeté sur son fils puis s'est mise à genoux
en pleurant abondamment…"
…son
message
Le
titre de la courte et belle présentation de notre héros,
qui a été rédigée quelques mois après
sa mort, quando l'amore
prega27, était
la première de l'une de ces réflexions que Nicola D'Onofrio
avait notées par écrit pour pouvoir continuer ensuite à
en vivre. On ne trouve plus ce document. Mais son maître du grand
séminaire, qui l'a eu entre les mains, atteste que "le concept exprimé
en quatre vers très brefs rejoignait la parole de saint Augustin:
'Aime et fais ce que tu veux'. Il affirmait concrètement que lorsque
l'amour se rencontre avec l'amour de Dieu, par la prière et la mise
en sa présence, on peut avancer sans crainte vers son propre objectif".
Lorsque
l'amour de Dieu l'invita à faire sienne la déclaration de
saint Paul: "Je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves
du Christ"(Col 1,24), Nicola D'Onofrio ne s'est pas dérobé.
Etroitement
uni à la Mère de Dieu, il a vécu avec cohérence
cette pensée. "Toute la vie du Christ fut une croix et un martyre",
notée au cours d'une paisible nuit au cours de son noviciat: il
y a fortement adhéré par son "Tout pour vous Jésus,
Marie".
La
"maternité nouvelle" (que Marie reçut de son Fils mourant
sur le croix) "spirituelle et universelle, à l'égard de tous
les hommes afin que chacun, dans le cheminement de la foi, lui reste, avec
elle, étroitement uni jusqu'à la Croix et que toute souffrance,
régénérée par la force de cette Croix, de faiblesse
de l'homue qu'elle était, devienne puissance de Dieu"28,
cette maternité nouvelle s'est réalisée pleinement
pour Nicola D'Onofrio et en reste un splendide exemple.
Passant
dans la joie et dans la sérénité à travers
le mystère de la souffrance humaine élevée par le
Christ au niveau de valeur rédemptrice29,
le jeune étudiant camillien a été et reste un témoin
crédible qui démontre que le choix fait de vivre les conseils
évangéliques montre que "les biens célestes sont déjà
présents dans ce monde, il est le témoin de la vie nouvelle
et éternelle acquise par la rédemption du Christ, il annonce
la résurrection future et la gloire du Royaume des Cieux"30.
Les
jeunes qui découvent sa brève expérience spirituelle
en demeurent fascinés. Parmi eux, nous pensons à Marie-Louise
qui, voulant répondre à l'appel lancé par Jean Paul
II à Compostelle. "N'ayez pas peur de devenir des saints!", nous
a écrit qu'elle avait décidé de prendre "Nicolas d'Onofrio
comme modèle de vie… Je cherchais un modèle de vie contemporain
et j'ai trouvé dans la vie de ce jeune le programme que j'ai décidé
d'adopter il y a peu de temps"31.
Désormais, depuis des années, Marie-Louise s'est totalement
engagée dans une des nouvelles institutions de vie consacrée
dans le monde, au service de Dieu dans le service des frères et
sœurs malades et pauvres.
P.
Felice Ruffini
camillien